Tout public
en 1 coup d'œil
plus en détail

Poésie du Gérondif

de Jean-Pierre Minaudier  

Une conférence portant sur la grammaire sous la forme d’un voyage anthropologique décalé, poétique et humoristique à travers les langues du monde entier.
Lu 19 février 2018 20h00
Théâtre / dès 14 ans
60 min. / CH

Théâtre du Pommier

Tarifs habituels
Plein tarif 25.– / AVS, AI, chômeur 17.– / Etudiant, apprenti, CarteCulture CARITAS 10.– / Autres cartes 15.– (voir conditions) / Elève du CCN 5.–

Poésie du Gérondif

de Jean-Pierre Minaudier  

Mise en scèneMichel Toman Jeu Benjamin Knobil Scénographie Jean-Luc Taillefert Lumière et régie Estelle Becker Costumes Jean-Luc Taillefert Compagnie Face Public (CH). Soutien Ville de Lausanne
Voici une conférence portant sur la grammaire. Ou plutôt sur les grammaires, sous la forme d’un voyage anthropologique décalé, poétique et humoristique dans les grammaires du monde entier. L’auteur, Jean-Pierre Minaudier, est historien et traducteur parisien passionné de grammaire. Collectionneur fou, il possède 1163 précis de grammaire recouvrant 856 langues. Cette conférence bouscule les idées reçues. Par exemple: pourquoi «être» et «avoir» sont-ils utilisés en français pour indiquer le passé ou le futur, alors qu’en hup (une langue d’Amazonie) le futur s’est développé à partir d’un élément qui veut dire «arbre» ou «bâton»? Avec malice, Jean-Pierre Minaudier dévoile comment la langue conditionne notre pensée.

«Quand on est monolingue, on a la conviction que sa langue et sa pensée ne font qu’un. Mais lorsque l’on commence à quitter son propre territoire linguistique et qu’on entre en affinité avec d’autres idiomes, on s’aperçoit que parler différemment implique nécessairement de penser différemment. Son propre rapport au monde devient exotique.

Ce qui conditionne notre existence c’est notre cadre de pensée, ou comme le proposait Descartes, c’est notre rapport au temps et à l’espace. A la lecture de Minaudier, on prend conscience que la forme linguistique et la grammaire du langage conditionnent notre rapport même à l’existence. Un exemple d’une langue européenne proche: l’espagnol. Pour l’unique verbe «être» en français, il y en a deux en espagnol: «ser», pour ce qui est immuable et «estar» pour ce qui est mais qui peut changer.

L’érudition ludique de Minaudier propose une approche sensitive et sérieusement burlesque de la structure du langage. Son but avoué est de mieux comprendre, et surtout de se rapprocher de notre humanité commune. Ce n’est qu’en comprenant la structure du langage de l’étranger qu’on peut alors enfin s’approprier son mode de pensée.

Le territoire de la langue appartient à l’intime. Parler de la langue provoque immédiatement en chaque spectateur une excursion au centre de son propre univers langagier, aux langues étrangères acquises ou jamais abordées, aux souffrances liées à l’apprentissage de telle ou telle autre langue, à l’aïeul né là-bas ailleurs qui, jusqu’à sa mort, continuait à compter dans sa langue maternelle.

Après la lecture du livre, j’ai très vite souhaité adapter l’ouvrage à la scène, parce qu’il comporte, sous couvert de grammaire, un contenu métaphysique enveloppé dans une forme poétique à tendance humoristique. En décloisonnant le langage de ses lieux normaux, Minaudier nous fait voyager dans son tour du monde pour mieux interroger notre compréhension de l’autre, ou plutôt pour mieux nous rapprocher de notre incompréhension de l’autre.» Michel Toman
 
05_poesie_du_gerondif01_rvb.jpg

introduction à une certaine grammaire